On est d’accord. Moi non plus, je ne suis pas particulièrement branchée crane luisant et drapé de safran. Et puis la vie d’ascète me poserait quelques difficultés d’adaptation.

Mais si l’on part du principe que la méditation est une pratique sans risque et sans effet secondaire déplorable, pourquoi ne pas s’y essayer, après tout ? Si chaque jour on est capable de frôler quelques falaises relationnelles sans tomber, de boire des litres de tisane sans sucre en clamant qu’on adooooooore ça, si on est capable de se mettre à courir, à pédaler, à marcher des km dans l’hiver qui nous tombe dessus, alors on ne risque pas grand chose à s’assoir dans le silence, seule et bien au chaud.

Si l’on a besoin d’arguments plus concrets que la simple absence de risque, on dispose en plus d‘une étude récente qui démontre que la méditation en pleine conscience serait bien plus efficace pour le sevrage que la prise en charge médicale. *

 

En ce qui me concerne, je pratique la méditation depuis assez longtemps pour être persuadée de ses bénéfices sur l’existence en général et sur le sevrage en particulier.

C’est bien beau tout ça, mais qu’est-ce que la méditation, au juste? Une pratique religieuse? Une thérapie? Un chemin spirituel? Wikipédia donne un aperçu assez précis et complet de la réponse**, mais en deux mots méditer en pleine conscience, c’est entraîner son esprit à se maintenir dans une vacuité paisible. La plupart du temps immobile et silencieux, le méditant centre son attention sur un objet afin d’accéder à un (délicieux) état de paix intérieure.

Oui, vous avez bien lu.

PAIX INTERIEURE, vous savez, ce truc qui semble nous avoir quittées le jour où on a éteint la dernière clope. Depuis, nous sommes en lutte avec notre cerveau, cet organe retors (mou et visqueux, qui plus est) qui tente de nous persuader que, sans nicotine, vivre heureuse est désormais impossible. Donc (soyons logiques, les filles), la principale bataille se mène dans nos boîtes crâniennes. Et cette bataille est tout bonnement épuisante. Alors s’offrir un petit moment quotidien de paix n’est pas un luxe. Une parenthèse en compagnie de soi-même, où l’on apprend à reconnaître ses émotions, ses pensées, ses fantasmes, ses obsessions aussi. Apprendre à les reconnaître pour pouvoir les accueillir sans culpabiliser et à mieux les gérer. En période « Humeur de chienne », cette parenthèse de calme représente une saine activité voire un acte de sauvegarde pour nous, mais aussi pour notre entourage.

Rien d’autre que soi dans le silence du monde. Sans faux semblant. Sentir, pour un temps au moins, l’attachement à la blonde se dissoudre comme un nuage imaginaire. Soulever le voile des illusions, prendre la main et les laisser filer. Découvrir que la maîtrise de nos désirs est possible. Celle de nos addictions aussi. Et, si l’on considère qu’arrêter de fumer n’est pas un événement isolé, mais plutôt un élément appartenant à un processus plus large, un processus continu dans lequel on s’engage en commençant par reprendre le contrôle sur cette clope qui nous asservissait depuis trop d’années, alors la pratique de la médiation représentera certainement bien plus qu’une simple béquille en période de sevrage.

 

* Source : Etude « Drug and alcohol dependance », septembre 2011 : C’est une étude A-ME-RI-CAI-NE ! Excusez du peu ! Dans le monde de l’étude, l’accolage du qualificatif américain semble être le vrai label de garantie, mais bien entendu l’esprit critique a le droit de s’interroger, si ce n’est le devoir. Pour ma part, je n’en ai consulté que les résultats et a priori, le protocole d’expérimentation paraît sérieux et les résultats probants si ce n’est l’échantillon qui semble un peu faiblard. A vous de voir dans le détail pour vous faire votre opinion.

** http://fr.wikipedia.org/wiki/Méditation

source image : http://en.wikipedia.org/wiki/Ens%C5%8D

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