éviter les pieges quand on arrête de fumerOrgueil et préjugés… comme j’aurais pu choisir Raison et Sentiments, tant ces deux titres conviennent.

Comme si ma longue expérience de future-ex-fumeuse était le gage de la réussite de ma toute dernière résolution en date. Comme si de connaitre les pièges, pour s’y être laissée prendre tant de fois, me prémunissait de ces écueils. Quelle folie d’avoir pensé maitriser ce processus complexe qu’est le sevrage par une organisation rigoureuse des tâches et étapes dignes d’un chef de projet. Que ne me suis-je pas souvenue de la principale leçon, celle que j’avais apprise douloureusement lors de mes précédents échecs ?  S’il ne devait rester qu’un seul enseignement ce serait bien celui-ci : en matière de sevrage ce n’est pas la froide et pragmatique raison qui l’emporte, mais bien le tumultueux torrent des sentiments, des émotions.

Car j’ai failli, j’ai baissé la garde et Elle a pris sa revanche :  au bout d’une longue semaine où j’avais pourtant tenu bon sur les 5 premiers jours du sevrage. Je regardais le 8ème arriver avec impatience, ce 8ème jour qui serait celui de ma délivrance, cette date sonnant la fin de ma dépendance physique à cette satanée molécule. Mais cette semaine n’a été que contrariétés et anxiété, elle a été l’accumulation de mini-drames et catastrophes du quotidien, aucun des segments de ma vie n’a été épargné. Des bureaux jusqu’à la maison, l’onde de choc a secoué tous les replis de ma vie, fournissant ainsi un lot d’occasions formidables de croche-pattes et autres traquenards à mon mauvais génie. Autant de fausses-bonnes raisons, d’excuses minables, de négociations.  J’ai fauté, j’ai été faible et ruiné ainsi tous mes efforts.

Car le sevrage est implacable : pendant 8 jours de fumer tu t’abstiendras pour que ta dépendance physique, biochimique, disparaisse.  Et pour toi, tout juste sevré, nouveau-né de l’après-cigarette, à chaque bouffée de cette fumée empoisonnée, à tout nouveau contact de ton corps avec la nicotine : la dépendance se réactivera comme si tu n’avais jamais arrêté. Il te faudra tout recommencer à zéro, rependre le chemin à l’aube d’un nouveau 1er jour. Oh bien sûr le risque, le danger que la bête tapie en nous se réveille, va tout doucement et très lentement s’atténuer avec le temps. Mais cela sur des années, pour ne pas dire des siècles. C’est pour ça que je serais, comme tant d’autres, tout ma vie un(e) ex-fumeur(se) et jamais un non-fumeur. C’est pareil pour tous les toxicomanes : quelle soit la drogue que l’on se choisit, elle reste gravée en nous.

Aujourd’hui samedi, je reprends donc la route du 1er jour qui m’amènera au 8ème, et si je suis vigilante, à l’écoute de ma raison, respectueuse mais méfiante de mes émotions, si je me débarrasse de cet orgueil qui m’a couté si cher cette fois, alors je continuerais le chemin et me garderais bien d’en sortir, ou de faire le moindre dérapage.

Pause Culture, vous reprendrez bien des moules ?  La photographie est de Denis Darsacq, de sa série « La chute », que je vous conseille vivement si vous aimez la photographie et l’art contemporain, Il est exposé actuellement à New-York, mais ça fait un peu loin :-P

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