L’arrêt de la cigarette a différents effets secondaires dont nous avons déjà abondamment discuté.

Il en est toutefois deux autres sur lesquels je voudrais me pencher aujourd’hui : le premier qui relève de l’anecdote, vous fera – je l’espère sourire-  bien qu’il me plonge dans des abîmes de « perplexitude* »…

Et le deuxième, beaucoup plus connu donc documenté et commenté à moult reprises, mais qui lui aussi me chiffonne suffisamment pour que je vous expose mes états d’âme sur ce sujet.

Cela fait donc 32 jours ni plus ni moins que j’ai arrêté la cigarette, youpi joie je me félicite chaque fois, manière … Au bout d’une semaine environ, j’ai commencé à mal dormir : je ne me souvenais pas de mes rêves et me réveillais chiffonnée, grognon et enrouée sans bien comprendre. Au fur et à mesure des jours, que dis-je : des nuits, j’ai commencé à me souvenir à nouveau de mes rêves et là quel le ne fut pas ma surprise.

Figurez-vous que chaque nuit je rêvais que je fumais, et pas qu’un peu ! Je fumais, fumais, fumais des centaines de cigarettes, je fumais des paquets entiers toutes les nuits quelque soit le rêve « hôte », qu’il soit cauchemar ou rêve, je fumais ! Comme le cerveau humain est aussi fourbe que performant, non seulement je rêvais que je fumais mais j’en ressentais le moindre détail : la texture de la cigarette entre les doigts, l’odeur du tabac, le goût de l’empoisonneuse dans ma bouche, la sensation de la fumée qui descend dans les bronches … et même les réactions de mes figurants oniriques étaient liées à mon tabagisme fou ! Le matin je me réveillais la gorge en feu, la langue pâteuse, l’œil vitreux de la drôlesse un lendemain d’excès, alors que  – bien sûr-  je n’avais strictement rien fumé « en vrai ».

Pendant quelques temps j’ai douté de moi, et me suis très sérieusement interrogée sur de possibles crises de somnambulisme. Mais comme il n’y a aucune cigarette chez moi, que les portes sont fermées à double tour la nuit gardées par mes chats de combat, et surtout  que mon binôme de vie au sommeil beaucoup plus léger que moi, m’a confirmé que je ne bougeais pas de ma couette de toute la nuit : j’ai du admettre que c’était bien mon cerveau qui me jouait des tours. Cela me rappelle « Freddy et les griffes de la nuit »***  vous savez ce film d’horreur des années 80 où de jeunes ados étaient capturés et malmenés par un monstre aux mains coupantes dans leurs rêves, et toutes les blessures qu’ils recevaient dans les rêves, ils les avaient en se réveillant dans la réalité. Plusieurs matins de « gueule de cendrier » se sont donc succédés sans que je comprenne quoi que se soit à ce qui m’arrivait. Personne sur le Grand Nain Ternet ne semblait avoir vécu cela ni en français, ni en anglais, ni en espagnol ou en portugais merci Google. Puis peu à peu cela c’est estompé : cela fait quelques jours à peine que mes rêves sont non-fumeurs.

Étrange non ?

L’autre effet secondaire est beaucoup plus classique : j’ai faim tout le temps. Ne m’en voulez pas de verser dans la facilité en abordant ce thème, mais cela m’obsède tout autant que Freddy et mes cigarettes imaginaires qui font mal à la gorge. La preuve : j’en rêve aussi la nuit !! Mais, à la différence de mes rêves enfumés, j’ai encore faim le matin quand je me réveille. C’est bien simple je pourrais manger 24h/24 en ce moment . Et pas  que de vils biscuits ou des carrés (plaques?) de chocolat : non, non, non. J’ai des pulsions autrement plus sérieuses et cholestérolées : je rêve de côtes de boeuf de géantes de 1,6 kg minimum et persillées à s’en damner, de gratin de macaronis noyés de fromage et de beurre, de cassoulet au confit de canard, de tartiflettes et autres quiches et pizza, j’ai même rêvé d’un petit salé au lentilles… en plein été…

Et comme pour la cigarette, mon cerveau s’applique a m’en restituer tous les détails de sorte que ma petite simulation mentale soit diablement réaliste. Conséquence : je mange, je mange, je rêve que je mange, je mange pour de vrai, tiens si j’allais manger un truc, ouhlalala j’ai faim et 32 jours plus tard le verdict de la balance fut implacable « Josianne, vous avez pris 6 kilos et pas du tout du muscle, il va falloir vous ressaisir, il va falloir que ca commence de cesser Josianne !! » ****

Du coup j’ai dû bannir le gras et le sucre de ma vie « Vade Retro Satanés Kilos », je fais du vélo pour aller au boulot, j’ai même été courir hier  ok : 15 minutes, et encore j’étais à l’agonie … Hum hum c’est pas demain que je me fais un marathon ! Pour m’en sortir, ou limiter la casse c’est selon, j’ai trouvé un petit truc : à chaque fois que j’ai envie de fumer et/ou envie de manger je bois de l’eau minérale. Résultat : je bois 3 ou 4 litres d’eau par jour !

Mon avis : je pense que mon cerveau m’en veut et m’a déclaré la guerre. Qu’en pensez-vous ? Ça vous arrive de vous faire mener par le bout de la circonvolution cérébrale ? Rassurez moi :-)

* perplexitude : magnifique création de lexiquale « perplexe » et « attitude «  donc, Lorie sors de mon corps !**

** oui, je suis toujours jeune culturellement, sur ce coup peut-être un peu trop, je vous l’accorde.

*** Oui je ne suis pas SI jeune que ça, mais c’est indélicat de votre part de le relever, on ne vous remercie pas !

**** Non, je ne m’appelle pas Josianne en vrai, c’est juste mon nom de scène :)

 

 

Source : Fotolia

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